mardi 28 avril 2009

Le berger des Pyrénées de Jean Dieuzaide

Au troisième étage du bâtiment Dieulafoy, à l’hôpital Purpan, une photo en noir et blanc, est accrochée au mur de la salle d’attente d’hématologie. Jean-Jacques, est ici, pris dans la nasse de la maladie grave. Bérénice, son épouse est à ses côtés. Les mots leur manquent, mais la photo leur parle. Ils resteront longtemps à Dieulafoy et la maladie d’Hodgkin sera vaincue.
Mais, une fois revenus chez eux, à Carcassonne, ils garderont le souvenir ému de ce berger sous sa houppelande. Cette photo reste gravée dans leur mémoire. Ils n’ont rien oublié de ses détails. Bien sûr les mains ridées et sèches qui s’appuient sur un bâton, le visage aux traits burinés, la moustache tombante et la barbe naissante montrent que l’homme est un travailleur de plein air, usé et âgé. Mais ce qui en dit le plus long sur sa personne, est son regard, tant il a de profondeur et de sagesse. Il semble tourné vers l’avenir avec générosité, bienveillance et optimisme. L’optimisme, c’est peut-être cela aussi, qui a fait du bien à Jean-Jacques dans ses périodes de doutes.
Un jour, longtemps après, Jean-Jacques, en feuilletant un Pyrénées magazine, auquel il était abonné, va tomber sur le portrait du berger. Exactement le même qu’à Dieulafoy. Il dit à Bérénice : ‘’Tiens sur Pyrénées Magazine de ce mois-ci, il y a une photo de quelqu’un que tu connais’’. A sa grande surprise, Bérénice reconnaît ‘’leur berger’’. Dans une lettre écrite à la rédaction du magazine, elle explique sa rencontre avec ce portait et demande s’il est possible de se procurer un exemplaire de la photo. Sensible à ce courrier, un membre de la revue transmettra la lettre de Bérénice à Jean Dieuzaide, célèbre photographe toulousain, qui en 1954, avait pris ce cliché. Madame Jacqueline Dieuzaide, elle-même, après avoir pris contact par téléphone avec Bérénice, lui fera gentiment parvenir un exemplaire de la photo, accompagné d’une très belle lettre. . La photo sera encadrée, la lettre collée à son dos et le tout sera mis en valeur sur un petit meuble du salon familial.
Le 31 décembre 1999, c'est Jean Dieuzaide qui encore touché par le courrier de Bérénice, téléphonera pour présenter ses voeux de nouvel an à Jean-Jacques et Bérénice. C'est au cours de cette conversation téléphonique qu'il leur racontera dans quelles circonstances, et le temps qu'il lui a fallu, pour que la confiance s'installe, et que le Berger d'Arreau accepte enfin de se faire photographier.
Plus de vingt ans que la maladie d’Hodgkin a été vaincue, Jean-Jacques et Bérénice, ont vécu ces années tout simplement heureux, sans goût de luxe, sans objet ostentatoire, un peu comme leur berger, en jetant un œil bienveillant sur jeunes et vieux qui les entourent.
Et puis un jour, incidemment, sous la forme d’une banale douleur dorsale, la maladie est revenue. Les visites à Jean-Jacques tantôt en milieu hospitalier, tantôt chez lui, seront relativement fréquentes. L’homme dans la douleur et malgré sa déchéance physique donnera de lui, la même image que le berger. Comme lui, il sera immobile et impassible. Comme lui, il sera bien couvert, avec casquette et capuche, quand il sortira. Et surtout, comme lui, son regard restera empreint de bonté, de générosité et d’amitié.
Malheureusement, depuis, Jean-Jacques est parti. Il ne voit sans doute plus le vieux berger. Bérénice est restée seule avec sa photo. Quand nous lui rendons visite, le berger de Jean Dieuzaide est toujours à la même place, comme pour nous montrer le chemin, peut-être celui que Jean-Jacques aimait prendre, pour aller pêcher la truite dans les montagnes du berger…

samedi 21 mars 2009

Cogitations sur Dedans et dehors

Et si dehors, c’était dedans… Et si dedans, c’était dehors…
Mais alors, où est la frontière ?

Allongé dans une chaise longue sur la terrasse des Trels, je me pose cette question, tout en rêvassant. Une réponse, mais pas celle que j’attends, me vient à l’esprit : ‘’Il ne faut vraiment avoir rien d’autre à faire, pour se poser ce genre de question’’. Effectivement, je n’ai rien d’autre à faire, alors j’en profite, à l’heure de la sieste, pour me laisser aller à explorer et essayer de trouver la limite du dedans et du dehors.

A la construction de la maison des Trels, la haut sur la colline qui domine mon village natal, j’ai souhaité qu’une très grande baie vitrée relie notre salle de séjour à la terrasse et offre à notre champ de vision le petit bois et la vallée de la Dordogne. Le but étant d’agrandir notre dedans, non pas matériellement, mais visuellement, de façon à avoir l’impression de vivre davantage dehors, tout en étant dedans et de profiter au maximum de la vue que nous avons de la nature qui nous entoure. Aujourd’hui , même si en hiver, des vitres nous séparent de l’extérieur, le résultat est là.
Inversement, quand nous sommes installés sur la terrasse, avec les trois coulissants rabattus, nous pouvons très facilement participer à une conversation avec les gens qui sont dedans. Dehors est alors presque dedans.
En juillet 2004, nous étions les premiers habitants des Trels. Seules les bornes posées par les géomètres, marquaient les limites de notre terrain. Inconsciemment, sans doute, nous ne faisions pas la différence entre chez nous et chez les voisins. Pas besoin de nous clôturer, puisque nous étions tout seul ! Et pourtant, le temps est venu où, il a fallu le faire…
Les Trels où jadis, seules les vignes poussaient, ont vus sortir du sol de nouvelles constructions. A quelques centaines de mètres de la maison, dans un lotissement communal, deux premières constructions sont devenues habitables. Je n’aurais pas aimé y habiter, de peur, d’être un peu trop les uns, chez les autres…D’autres parcelles diffuses ont également accueilli des maisons neuves.
On a donc décidé de bâtir un mur, un vrai en pierre, avec un vrai portail. Avant que ce mur n’existe, quand je sortais de la maison, je disais que j’allais dehors. Maintenant depuis que ce mur sépare la propriété de la route, quand je suis dans la cour, devant la porte, je dis que je suis dedans. Enfin dans la propriété. Et j’ai l’impression de n’être dehors qu’après avoir poussé le portail…
Toujours allongé dans ma chaise longue, je suis entrain de me demander si l’espace ne peut pas avoir une conception évolutive. Nos coulissants en sont peut être une ébauche ? Pourquoi ne pas imaginer que l’on puisse pousser les murs, les cloisons, les portes, les fenêtres ? Ainsi, on démobiliserait l’espace, invitant le dedans et le dehors à se confondre. Tout en étant dedans on pourrait aussi être dehors. Et vice-versa !
Autour de nous, à Toulouse, mais on peut aussi le vérifier un peu partout ailleurs, on a tendance à édifier des grilles et des murs de clôture, de plus en plus hauts, souvent agrémentés de panneaux dissuasifs du type : ‘’Défense d’entrée’’, ‘’chiens méchants’’ et les portails sont fréquemment pourvus de digicodes et d’installations vidéo. Le but est évident : L’habitant veut ainsi marquer et montrer les limites de sa propriété et de son intimité. Dans d’autres civilisations, même si l’on ne laisse pas forcément pénétrer plus facilement les étrangers chez soi, la limite dedans, dehors, n’est pas matérialisée aussi fortement. Les Japonais, par exemple, jouent beaucoup avec des sortes de cloisons mobiles, pour remplacer portes, fenêtres et cloisons intérieures. L’espace devenant ainsi plus facilement modulable et transformable. La limite dedans, dehors, n’est pas figée. C’est peut-être cette conception évolutive de l’espace qui a amené dans l’architecture d’entreprise les Open space du XXIème siècle. Ces grands espaces de travail, où directeurs et employés ont leurs bureaux côte à côte, sans cloison ni claustra. Dans ce cas précis, en faisant tomber les frontières physiques qui existaient par l’intermédiaire des cloisons des bureaux, on peut se demander, si on ne rentre pas dans l’individu. Son dehors s’agrandit, au détriment de son dedans. Attention danger !

dimanche 21 décembre 2008

Recette des noix caramélisées

Faire bouillir les noix vingt minutes dans de l’eau sucrée (6 cuillères à soupe pour 500 g de noix).
Cinq minutes avant la fin de la cuisson, rajouter 2 cuillères à soupe d’Armagnac
Puis égoutter .
Mettre dans un saladier, avec du sucre en poudre
Bien remuer.
Etaler sur la plaque du four recouverte de papier de cuisson.
Enfourner sous le gril, 30 minutes et surveiller.
A déguster en toute circonstance !
Recette de Marie-Claude G

mercredi 17 décembre 2008

A l'approche des fêtes voici la recette d'un agréable cocktail

ET SARI de JPP

Pour 20 Personnes
2 verres de crème ou de sirop de cassis
2 verres de sucre en poudre
1 Verre d'armagnac
1 verre de cointreau (ou de grand marnier)
2 bouteilles de vin blanc doux
2 bouteilles de blanquette (ou de mousseaux)
Coupez en carré 2 oranges, 2 citrons et 2 bananes
Peut se préparer avant (à tenir au frais

IMPORTANT : Mettre le mousseux ou la blanquette au dernier moment (sinon, perte de gaz).
Garder une bouteille de mousseux au frais pour rajouter pendant la consommation en cas de manque.
A consommer avec modération

mercredi 10 décembre 2008

Blague alsacienne

Trois cigognes se rencontrent dans le ciel et se demandent les unes aux autres :
- Où vas tu ?
- Hooo, je vais chez un couple qui essaye d'avoir un enfant depuis 10 ans... Je leur apporte une petite fille.
- C'est cool ! Et toi ?
- Je vais chez une dame qui n'a jamais eu d'enfants. Je lui apporte un petit garçon !
- C'est bien, je suis sûre qu'elle va être vraiment heureuse.
- Et toi ? demandent les deux premières à la troisième cigogne.
- Moi ? Je vais juste à côté, là, au couvent. Je ne leur apporte jamais rien, ...mais j'adore leur foutre la trouille...

mercredi 3 décembre 2008

Les Haïkus (suite)

Andrée Jacquet a dit...

Gérard est venu
Ecriture sympathique
Un copain de plus

mercredi 19 novembre 2008

IL MEURT LENTEMENT de Pablo NERUDA, Prix Nobel de littérature 1971

Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas,
Celui qui ne lit pas,
Celui qui n’écoute pas de musique,
Celui qui ne sait pas trouver
Grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
Celui qui détruit son amour propre,
Celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
Celui qui devient esclave de l’habitude
Et faisant tous les jours les mêmes chemins,
Celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
De ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
Celui qui évite la passion
Et son tourbillon d’émotions,
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux
Et réparent les cœurs blessés.

Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Lorsqu’il est malheureux
Au travail ou en amour
Celui qui ne prend pas de risques
Pour réaliser ses rêves,
Celui, qui pas une fois dans sa vie,
N’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !!
Risque toi aujourd’hui !!
Agis tout de suite !!
Ne te laisse pas mourir lentement !!
Ne te prive pas d’être heureux !!

Bien sûr, ce n'est pas de moi, mais il est tellement beau que je ne me prive pas de le publier et peut-être de vous le faire connaître !!